Montréal, Québec
Notre-Dame-de-Lourdes
Opus 1, 1880
Le premier orgue construit par Claver et Samuel Casavant en 1880 était un instrument de deux claviers à traction mécanique. Au cours des vingt-cinq années qui ont suivi, les deux frères ont construit 110 instruments à traction mécanique, la plupart à deux claviers, mais quelques-uns à trois ou quatre claviers comportant jusqu’à 82 jeux.
 
 
Pendant des siècles, tous les orgues étaient à traction mécanique, mais à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, pour répondre aux exigences des compositeurs et des interprètes, les facteurs ont perfectionné d’autres systèmes de transmission. Les frères Casavant, comme d’autres facteurs, ont fait preuve d’inventivité dans le développement de tractions nouvelles – pneumatiques et électropneumatiques – pour répondre aux souhaits des musiciens de l’époque.

Montréal, Québec
É glise Notre-Dame, quatre claviers, 82 jeux, dans l’atelier, 1891

 

Saint-Pascal-de-Kamouraska
É glise Saint-Pascal
dans l’atelier, 1964

Vers le milieu du XXe siècle, les musiciens se tournent avec un intérêt renouvelé vers la musique ancienne. La recherche musicologique vise à comprendre et à reproduire les conditions d’une exécution musicale authentique, ce qui appelle tout naturellement l’emploi d’instruments historiques. Le mouvement de réforme de l’orgue (en allemand, Orgelbewegung) qui déferle sur l’Europe et l’Amérique, accentue encore plus l’importance des instruments historiques, et inspire les facteurs à construire des orgues neufs à traction mécanique. En accord avec les principes qui sous-tendaient le mouvement, Casavant Frères a repris la facture d’orgues à traction mécanique au début des années 60. Depuis, l’entreprise a conçu et fabriqué plus de 200 instruments qui font partie de cette deuxième génération d’orgues à traction mécanique.
 
 
Une question se pose parfois : pourquoi construire des orgues à traction mécanique encore de nos jours? Les avancées technologiques n’ont-elles pas rendu caduque ce système traditionnel? Trop souvent, on associe la traction mécanique aux instruments de type « baroque », à une harmonisation spécifique, à un toucher lourd et, de façon plus générale, à une vision étriquée de l’orgue. Non seulement ces présomptions ne sont pas valides, mais le but n’est ni de produire la copie d’un instrument historique ni de développer une machinerie complexe en soi. En fait, l’attrait de la traction mécanique est simple : elle offre un lien physique direct entre l’interprète et l’instrument.

Springfield, Missouri
Kings Way United Methodist Church 1990
 
La croyance qu’un orgue à traction mécanique aura un toucher lourd peut avoir diverses sources : par exemple, le souvenir d’un orgue d’une autre époque doté d’une mécanique mal conçue ou mal réglée.
 
Or, depuis cinquante ans, on a accumulé beaucoup de connaissances sur la mécanique des fluides, et plus spécifiquement sur la consommation en vent des tuyaux d’orgue, ce qui a contribué au développement de techniques diverses pour alléger la mécanique. Grâce à l’ingénierie de pointe et à des calculs détaillés, le concepteur d’un orgue peut maintenant équilibrer la mécanique pour obtenir à la fois une attaque rapide des tuyaux et un toucher léger pour l’exécutant. Chez Casavant, notre expérience longuement mûrie et les


Demorest, Georgia
Piedmont College, 2001
 

Une bonne traction mécanique doit être la plus simple possible et organisée de façon logique – deux qualités qui influent à leur tour sur le choix des jeux. Par exemple, il est beaucoup plus difficile, voire impossible, d’emprunter ou d’unifier des jeux. Le placement de la console est dicté par la recherche d’un tracé simple de la mécanique de la touche à la soupape. La logique de la disposition interne de l’orgue suivra celle d’un tracé court et direct pour les vergettes. De ces conditions en apparence contraignantes naîtra un dessin soigné qui offrira plusieurs avantages : un accès facilité pour l’entretien et une disposition interne logique et élégante. Ces principes de base guident toutes les étapes dans la conception et la fabrication des orgues à traction mécaniques chez Casavant Frères.
 
 


Elsah, Illinois—Principia College, 2005

 
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