Casavant est le plus ancien nom qui soit toujours associé à la facture d’orgues en Amérique du Nord. Le 14 novembre 1991, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada a érigé une plaque à la mémoire de Joseph Casavant, qui construisit des orgues à Saint-Hyacinthe, là même où ses deux fils, Claver et Samuel, ont établi Casavant Frères en 1879.

Kyoto, Japan
Université Doshisha, 1980
 

Toronto, Ontario
St. Paul’s Anglican Church, 1914
L’excellence des matériaux et la qualité de la fabrication n’expliquent pas tout : il faut aussi que les qualités sonores de l’instrument soient exceptionnelles, fondées sur des valeurs musicales sûres, de telle sorte que l’instrument puisse résister aux aléas de la mode qui influencent tous les domaines artistiques. Les orgues Casavant neufs, tout comme ceux qui ont maintenant cinquante, quatre-vingts ou même cent ans, continuent d’exercer une attraction certaine sur les auditeurs, les interprètes et les maisons d’enseignement – la preuve qu’ils possèdent cette qualité essentielle : la musicalité.
 
  L’architecture sonore et visuelle
 
  Pour un facteur d’orgues, la conception d’un instrument unique implique à la fois une architecture sonore et une architecture visuelle.
 

 

L’aspect visuel et l’aspect sonore sont indissociables dans la facture d’orgues, et aussi complémentaires. En général, l’auditeur voit l’orgue avant de l’entendre – ce qui veut dire que son apparence doit susciter de l’intérêt que la beauté des sons vient ensuite combler.


Détroit, Michigan
Central Woodward Church
1928
 

Los Angeles, Californie
Bel Air Presbyterian Church
Le choix d’un emplacement pour l’orgue dans le vaisseau est un choix fondamental, et constitue une des premières décisions à prendre lors de l’élaboration du projet. Ensuite, une étude en profondeur des besoins musicaux et liturgiques aide à définir les paramètres de la relation entre l’orgue, l’organiste ou le directeur musical, la chorale, et l’assemblée. Idéalement, à l’étape de la conception, on choisira un emplacement élevé qui permettra aux tuyaux de projeter le son directement vers les auditeurs.
  Le concepteur doit comprendre et respecter le style et l’échelle de l’architecture du bâtiment en élaborant l’aspect physique de l’orgue. Il doit établir un équilibre entre les proportions de l’orgue et son environnement, pour intégrer l’instrument dans le bâtiment comme s’il résultait d’une conception unique. Le choix d’une essence de bois et d’une finition appropriée pour le buffet, le tout rehaussé d’éléments décoratifs comme des sculptures, des dorures et des peintures, contribue à l’intégration de l’orgue dans son environnement.

Dublin, Ohio
St. John Lutheran Church, 2004
 


Sewanee, Tennessee
University of the South
All Saints Chapel, 1961
Selon Harold E. Wagoner, un architecte connu qui a conçu de nombreuses églises aux Etats-Unis, « le plus merveilleux pour un architecte, c’est de pouvoir entrer physiquement dans ses rêves ». C’est un peu la même chose pour un compositeur, ou le concepteur d’un orgue, qui doit coucher sur papier des images sonores qui deviendront réelles par la suite. Le travail débute par l’écoute – l’écoute de l’organiste qui décrit ses besoins et ses aspirations, l’écoute du vaisseau où l’orgue sera installé. Le concepteur doit considérer la relation entre l’orgue et l’acoustique, le type de musique qui sera joué, et le rôle de l’orgue dans la liturgie – tous des éléments qui influenceront le choix des jeux.
 
Les orgues construits à notre époque doivent permettre de jouer une grande variété de répertoire – des pièces pour orgue solo, mais aussi des accompagnements de pièces chorales et des cantiques chantés par la foule. De plus, ce répertoire provient de pays différents, chacun avec ses traditions musicales, et de toutes les époques. Le concepteur doit donc faire preuve d’un esprit créatif et éclectique – mais l’orgue doit constituer un tout, et non pas un assemblage de jeux divers.
 
 

Lors de la conception de l’instrument, nous sélectionnons les jeux de détails pour obtenir une grande variété de couleurs tandis que les échelles sont choisies pour rendre l’ensemble de l’orgue cohérent et chaleureux sans toutefois sacrifier à la transparence et à la clarté requise pour l’exécution de la musique polyphonique. Les jeux de chaque clavier sont équilibrés entre eux, puis avec l’ensemble de l’orgue.

« L’ensemble en premier, en dernier et toujours » Claver Casavant


Claver Casavant
Toronto, Ontario
Royal York Hotel, 1929
 

 

 


Fort Worth, Texas
Broadway Baptist Church, 1996

La marque de commerce d’un ensemble professionnel de musiciens est un son homogène. Tout comme le chef d’orchestre qui modèle le son de chaque musicien pour former un tout unifié, chez Casavant nous nous efforçons de produire un ensemble cohérent. Les jeux se marient pour créer une progression en douceur, sans à-coups, de pianissimo à fortissimo, chaque jeu ajouté se mêlant aux jeux déjà tirés. La relation entre les claviers est établie de telle façon que chaque division de l’orgue garde son caractère intrinsèque tout en contribuant à l’ensemble dans une progression logique et conforme à la tradition.

 

Notre approche de l’harmonie favorise le plein développement de la couleur propre à chaque jeu tout en développant des ensembles où les différentes voix se fondent en un tout musicalement cohérent.


>> Haut de la page